Santé et accès aux soins : ce que proposent les candidats à la présidentielle 2027
C'est le thème où l'écart est le plus grand entre l'importance du sujet et ce que les candidats en disent. Cinq des quinze n'ont publié aucune position sur l'hôpital ou l'accès aux soins. Nous l'écrivons plutôt que de combler le vide avec leurs propositions de 2022, qui circulent abondamment et que les moteurs de recherche remontent en priorité.
Les 15 candidats en une ligne
3 candidats n'ont pas de position établie sur ce thème dans nos relevés. Nous ne la devinons pas : la ligne renvoie directement vers leur site officiel.
Candidat par candidat
Même format pour les 15. Chaque position porte sa date et ses sources.
Marine Le Pen
Position non établie à ce jour
Ce qui est établi : elle a consacré une table ronde d'une heure aux questions de santé le 31 janvier 2026 à Creutzwald, en Moselle, et la presse médicale spécialisée en résume les thèmes par les déserts médicaux, le numerus clausus et la débureaucratisation de l'hôpital. Le corps de l'article est réservé aux abonnés et nous n'avons donc aucune proposition vérifiable. Nous avons écarté son discours de 2016, ses propositions de Mulhouse de 2021 et ses réponses au questionnaire de la Fédération hospitalière de France de 2022 : ce sont des positions d'il y a quatre à dix ans.
Pages consultées : Le Quotidien du Médecin, 2 février 2026 (article réservé aux abonnés) ↗
Jean-Luc Mélenchon
Régulation de l'installation, soins publics à trente minutes
Son plan « ruralité » propose de garantir un service public de santé de proximité en rouvrant progressivement des services d'urgences, des maternités et des EHPAD publics, avec un objectif de soins à moins de trente minutes de chaque habitant. Il propose de mobiliser tous les leviers contre les déserts médicaux, dont la régulation de l'installation des médecins, le recrutement de médecins publics et des centres de santé publics à médecins salariés. Il propose un plan pluriannuel de recrutement des soignants et du médico-social, un service public de la dépendance, le renforcement des centres médico-psychologiques, et une zone tampon contre les pesticides autour des habitations, crèches, écoles et hôpitaux. Aucun chiffrage n'est publié dans ce plan.
« à moins de trente minutes de chaque Français·e »
Position du 9 octobre 2026. Distinction à ne pas écraser : le plan du 9 octobre 2026 est publié par la campagne et parle de « régulation de l'installation ». Le plan du mouvement de janvier 2026, conçu pour les municipales, va plus loin et propose de supprimer la liberté d'installation. Le chapitre santé de L'Avenir en commun n'a pas pu être ouvert. Source : melenchon2027.fr, plan thématique « ruralités », 9 octobre 2026 ↗
Raphaël Glucksmann
Redonner à l'hôpital les moyens de tenir sa promesse, démarchandiser EHPAD et crèches
Sa « Lettre aux Français » du 25 août 2026, qu'il signe, est le seul texte daté où il s'engage sur la santé. Il y écrit que « l'école, l'hôpital et la justice sont à bout de souffle » et annonce : « Nous redonnerons à l'école, à l'hôpital, aux services publics les moyens de tenir leur promesse. » Il annonce par ailleurs vouloir démarchandiser les EHPAD et les crèches. Aucun chiffrage n'accompagne ces engagements, et la lettre ne comporte rien sur les déserts médicaux, l'assurance maladie ou le reste à charge. Son site de campagne, mis en ligne après sa désignation du 11 octobre 2026, ne comporte pas de volet santé.
« Nous démarchandiserons les EHPAD et les crèches. »
Position du 25 août 2026. Engagement de principe plutôt que programme : nous le publions parce qu'il est daté et de première main, pas parce qu'il détaille une politique de santé. Le groupe de travail « santé et protection sociale » de Place publique ne publie rien, et ce serait de toute façon le parti et non le candidat. Sources : Place publique, « Sa lettre aux Français », 25 août 2026 ↗ · glucks2027.fr, site de campagne, sans volet santé (constat d'absence) ↗
Édouard Philippe
Stabiliser les dépenses, miser sur la prévention et les technologies
Il propose de stabiliser les dépenses de santé sans augmenter les moyens, en s'appuyant sur la prévention et sur les transformations technologiques. Il présente la santé et l'accès aux soins comme l'un des piliers de son programme, au même rang que l'éducation et le travail, et annonce vouloir investir dans la formation des médecins, dans la prévention et dans l'intelligence artificielle. Il qualifie le retard français en matière de prévention de « grand retard ». Aucune proposition chiffrée sur l'hôpital, l'assurance maladie ou les déserts médicaux n'a été publiée à ce jour.
Position du 11 mai 2026. La phrase sur la stabilisation des dépenses est la seule mention de la santé dans les quatre priorités publiées sur son site, et elle figure dans la rubrique budgétaire. Sources : Site de campagne, priorité « Pour une France plus prospère » ↗ · Le Quotidien du Médecin, 11 mai 2026 ↗
David Lisnard
Liberté d'installation, suppression des agences régionales, formation doublée
Il propose un accès direct et intégralement remboursé aux infirmiers en pratique avancée, kinésithérapeutes, sages-femmes et pharmaciens, le médecin traitant se recentrant sur le diagnostic, la coordination et le suivi. Il propose une offre de soins graduée à l'échelle de chaque ancien canton et un remboursement plus favorable des actes en zone sous-dotée qu'en zone saturée, tout en refusant explicitement la régulation de l'installation. Il propose de supprimer les agences régionales de santé et de transférer leurs compétences aux préfets et aux élus, de rendre aux maires la présidence des conseils de surveillance des hôpitaux, de généraliser obligatoirement le dossier médical partagé et de doubler le nombre d'étudiants en médecine d'ici 2030. Il propose une loi de programmation annuelle de la santé, sur le modèle de la loi de programmation militaire.
« Le problème français n'est pas un problème de moyens. »
Position du 6 mai 2026 pour son livret Santé ; 7 mai 2025 pour le refus de la régulation. C'est le candidat le mieux documenté sur ce thème, mais aucun chiffrage budgétaire n'accompagne ses propositions. Les chiffres qu'il avance sont les siens, sans source indiquée, et plusieurs diffèrent des données officielles de 2026 reprises plus haut. Sources : Nouvelle Énergie, programme Santé ↗ · Nouvelle Énergie, page mise à jour le 3 octobre 2026 ↗
Gabriel Attal
Position non établie à ce jour
Son site de campagne comporte désormais une rubrique « santé », qui n'existait pas lors de notre relevé du 14 octobre 2026. Elle présente cinq mesures : dépister automatiquement les polluants éternels dans les captages d'eau potable, instaurer un droit à la climatisation, lancer un plan d'urgence de climatisation des établissements, équilibrer les comptes de la Sécurité sociale, et « un assistant médical IA pour chaque Français ». Nous ne les publions pas comme une position, faute de date : ni la rubrique, ni les fiches de mesures, ni la page programme ne portent de date d'annonce ou de mise à jour, et aucune de ses actualités publiées du 15 au 29 octobre 2026 ne les annonce. Aucune ne porte par ailleurs sur l'hôpital, les déserts médicaux ou le reste à charge. Attention à ne pas lui attribuer le plan d'accès aux soins d'avril 2024 — accès direct aux spécialistes, « taxe lapin », assistants médicaux : il l'a présenté comme Premier ministre, le 6 avril 2024, et non comme candidat.
Pages consultées : attalpresident.fr, rubrique « santé », consultée le 2 novembre 2026 — page non datée ↗ · attalpresident.fr, « Mes chantiers capitaux », consulté le 14 octobre 2026 ↗
Bruno Retailleau
Aucun chiffrage santé, quatre milliards sur les arrêts maladie
Dans son plan de redressement des finances publiques, il chiffre l'effort sur la sphère sociale à 91 milliards d'euros sur un quinquennat, mais ne prend aucun engagement chiffré sur les 280 milliards d'euros de dépenses de santé, qu'il présente sous une hypothèse qu'il qualifie de très conservatrice : les économies seraient absorbées par les dépenses liées au vieillissement. Il affirme que les gains d'efficience doivent être réinvestis dans les soins. Il chiffre à 4 milliards d'euros les économies attendues sur les arrêts maladie, par des réexamens périodiques, une surveillance des prescriptions et un jour de carence d'ordre public dans le privé que l'employeur ne pourrait pas compenser par la prévoyance.
« Je veux que tous les Français […] puissent avoir accès à ce qu'il se fait de mieux »
Position du 12 octobre 2026. Une seule source, mais récente et détaillée. Elle traite la santé par le budget : rien sur l'hôpital, les déserts médicaux ou le reste à charge. Source : Public Sénat, 12 octobre 2026 ↗
Éric Zemmour
Position non établie à ce jour
Toutes les sources que nous avons trouvées sont de 2021 ou 2022 : obligation de garde, 1 000 médecins salariés par l'État dans les déserts, conventionnement préférentiel, suppression de l'aide médicale d'État et des agences régionales de santé, doublement des étudiants, 40 000 personnels hospitaliers, 400 000 places d'EHPAD d'ici 2030. Aucun de ces éléments n'est une position de 2026, et nous ne les présentons pas comme telle. Le site du parti est interdit à l'exploration automatisée.
Pages consultées : Revue 2026 de la presse médicale spécialisée sur la présidentielle, consultée sans y trouver de prise de position de sa part ↗
Marine Tondelier
Santé environnementale érigée en droit fondamental
Elle propose de faire de la santé environnementale un droit fondamental et de l'espérance de vie en bonne santé le référentiel de l'action publique. Elle propose de planifier la sortie des pesticides de synthèse et des engrais azotés d'ici 2050 dans le cadre d'un pacte agricole, d'interdire les aliments ultratransformés dans les cantines scolaires et la publicité télévisée pour les produits trop sucrés ou trop salés avant 21 heures, et de bannir des produits du quotidien les perturbateurs endocriniens, les substances cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques ainsi que les PFAS. Elle propose un fonds national d'indemnisation et de dépollution financé par les industries les plus polluantes.
« La santé environnementale doit constituer un droit fondamental du XXIe siècle »
Position du fin mai 2026, publié le 2 juin 2026. Une seule source ouverte, qui ne donne pas la date exacte de l'annonce. Son volet « système de soins » reste entièrement non documenté : il serait faux de déduire de ces annonces une position sur l'hôpital. Source : Brut, 2 juin 2026 ↗
Fabien Roussel
Cent pour cent Sécu, suppression des franchises médicales
Il demande l'abandon du décret relevant le plafond des franchises médicales et des participations forfaitaires, qu'il qualifie d'impôt sur la maladie. Il propose de supprimer les franchises médicales et les participations forfaitaires, d'aller vers un remboursement à 100 % des soins prescrits par la Sécurité sociale sans reste à charge, et de mettre fin aux dépassements d'honoraires. Il propose de développer les centres de santé, l'hôpital public et une médecine de proximité sur tout le territoire, et de financer la Sécurité sociale davantage par les cotisations, en remettant en cause les exonérations patronales et en créant une contribution additionnelle sur les revenus financiers des entreprises.
« Ces franchises sont un véritable impôt sur la maladie, profondément injuste »
Position du 23 juillet 2026. Il s'agit d'un communiqué de réaction, non d'un programme : les propositions sont des orientations sans chiffrage ni calendrier. Contrairement à sa plateforme de 2022, ce texte ne dit rien sur la tarification à l'activité, le nombre de soignants à recruter ou la régulation de l'installation. Source : Communiqué du PCF signé Fabien Roussel, 23 juillet 2026 ↗
Nicolas Dupont-Aignan
Douze mille médecins formés, fin de l'AME, tarification à l'activité remplacée
Son parti propose de porter à 12 000 par an le nombre de praticiens formés, de créer une bourse pour les étudiants en médecine en échange d'une installation de cinq ans en zone sous-dotée, et de réduire les cotisations des médecins qui s'y installent. Il propose d'arrêter les fermetures de lits, de rouvrir un établissement de santé par département, de doubler les lits de réanimation pour atteindre 10 000 en cinq ans — chiffré à 2,5 milliards d'euros par an — et de remplacer la tarification à l'activité par un financement fondé sur un panier de critères objectifs. Il propose de supprimer les agences régionales de santé au profit de directions départementales sous l'autorité du préfet, de faire reprendre par l'État la totalité de la dette hospitalière, et de supprimer l'aide médicale d'État au profit d'une aide limitée aux urgences sanitaires et aux maladies contagieuses.
Position du 5 février 2024 (dernière mise à jour du projet du parti). Réserve importante : ces positions sont celles du parti, non des déclarations du candidat, et la page de projet n'a pas été mise à jour depuis février 2024. Plusieurs de ses chiffres sont périmés. Nous n'avons trouvé aucune prise de position de sa part sur la santé en 2026, alors qu'il s'est exprimé sur les retraites le 11 octobre 2026. Source : Debout la France, projet « Santé », dernière modification le 5 février 2024 ↗
François Ruffin
Pôle public du médicament à deux étages ; rien de publié sur l'hôpital
Sa seule position de santé datée porte sur le médicament et figure dans son cahier de campagne consacré à l'industrie. Il propose un pôle public du médicament « à 2 étages » : à court terme une capacité de production nationale de médicaments essentiels à brevet public, qu'il veut « soustraite aux logiques de rentabilité à court terme » ; à moyen terme un rôle d'investisseur stratégique et de partenaire opérationnel auprès des biotechnologies et des entreprises pharmaceutiques françaises, avec une participation majoritaire de l'État dans des pôles dédiés aux médicaments innovants. Il annonce une gouvernance mixte associant l'État, les collectivités et des représentants des soignants et des patients. Les produits de santé qu'il veut relocaliser comprennent des antibiotiques, des anticancéreux, des antalgiques, des psychotropes et des vaccins, ainsi que des équipements d'imagerie et des masques.
« une capacité de production nationale pour des médicaments essentiels à brevet public »
Position du 15 octobre 2026. Position sectorielle, à ne pas élargir : ce cahier porte sur le médicament et la souveraineté industrielle. Il ne comporte aucune proposition sur l'hôpital, les déserts médicaux, l'accès aux soins ou le financement de la Sécurité sociale, et aucun de ses huit cahiers de campagne n'ouvre un volet santé. Source : nouspresident.fr, cahier de campagne sur l'industrie, 15 octobre 2026 ↗
Dominique de Villepin
Installation autorisée par l'agence régionale, cent cinquante zones prioritaires
Il propose d'identifier dès 2027 cent cinquante zones prioritaires et d'y déployer des équipes mobiles « santé-environnement » composées d'un médecin généraliste, d'un infirmier et d'un médiateur environnemental. Il propose de soumettre l'installation des médecins à une autorisation de l'agence régionale de santé, avec une procédure simplifiée dans les zones en tension, et de créer des bourses pour les étudiants en médecine conditionnées à un engagement d'exercice dans les territoires en crise. Il propose de placer les agences régionales sous double tutelle Santé-Écologie, de rendre obligatoire un diagnostic d'exposition aux risques pour les adolescents et de refondre la médecine du travail avec un registre national d'exposition. Il évoque un financement par la tarification carbone et la taxation des pollutions industrielles.
« Dès 2027, je propose d'identifier cent cinquante zones prioritaires »
Position du 27 août 2025. C'est une position de 2025 : la source est signée et datée, mais elle a plus d'un an et nous n'avons trouvé aucune prise de position postérieure sur la santé. Elle n'aborde ni le financement de l'assurance maladie, ni le reste à charge, ni les effectifs hospitaliers. Source : Chronique signée Dominique de Villepin, 27 août 2025 ↗
Natacha Polony
Relocaliser en France la production des médicaments essentiels
Son seul élément de santé est un élément de souveraineté industrielle : produire en France les médicaments essentiels, aux côtés de l'énergie, des technologies et de l'alimentation, dans le cadre de ce qu'elle appelle un État stratège. Elle pose le constat que le système de santé « craque » et présente l'hôpital comme ce qu'une nation qui ne produit plus n'a plus les moyens de financer. Nous n'avons trouvé aucune proposition sur l'accès aux soins, les déserts médicaux, les soignants, le financement de la Sécurité sociale ou la tarification hospitalière.
« Notre système de santé craque »
Position du 14 octobre 2026. Le document qui porte cette position, « Ma vision pour la France », ne comporte aucune date de publication : nous retenons la date de sa déclaration de candidature, où elle reprend ce thème. Sources : « Ma vision pour la France », site de campagne, page non datée, consultée le 21 octobre 2026 ↗ · euronews, 14 octobre 2026 ↗
Nathalie Arthaud
Réquisitionner les profits pour financer les hôpitaux
Elle propose de réquisitionner et de confisquer les profits des compagnies pétrolières et des marchands d'armes, et de les consacrer aux besoins de la population, dont les hôpitaux qui manquent de soignants. Elle dénonce des hôpitaux ni isolés ni climatisés face aux canicules et oppose les cliniques privées aux hôpitaux publics aux urgences saturées. Elle n'avance aucune proposition sur l'organisation des soins, la formation des médecins, le financement de l'assurance maladie ou le reste à charge.
« Il y a des cliniques pour riches et des hôpitaux pour pauvres aux urgences saturées. »
Position du 14 février 2026 pour la citation, 26 septembre 2026 pour le financement. Source : Discours de meeting, 26 septembre 2026 ↗
Les chiffres de cadrage
| Donnée | Valeur | Source |
|---|---|---|
| Patients sans médecin traitant, dont 850 000 particulièrement vulnérables. La patientèle moyenne d'un médecin traitant est passée de 919 patients en 2016 à 1 130 en 2024 | 6,3 millions | Cour des comptes, 30 septembre 2026 |
| Médecins en activité au 1er janvier 2026 (+2,1 % en un an), dont 101 000 généralistes. Âge moyen 49,7 ans, 51 % de femmes, 11 % diplômés à l'étranger | 242 200 | DREES, 2 juillet 2026 |
| Dépense courante de santé en 2025, soit 11,8 % du PIB. Reste à charge des ménages : 9,7 %, soit 495 € par habitant | 353,2 Md€ | DREES, comptes de la santé, édition 2026 |
| Déficit de la sécurité sociale en 2025. Le PLFSS 2027 vise − 12,7 Md€, soit environ 10 Md€ d'effort | − 21,6 Md€ | Commission des comptes de la sécurité sociale, juin 2026 |
| Objectif national de dépenses d'assurance maladie pour 2027, contre environ 3 % en 2025 et 2026 | + 2,0 % | PLFSS 2027 |
| Plafond annuel cumulé des franchises médicales et participations forfaitaires depuis le 1er octobre 2026, contre 100 € auparavant | 140 € | Décret n° 2026-858 du 11 septembre 2026 |
Deux valeurs du déficit 2026 circulent : − 23,2 milliards d'euros selon la Commission des comptes de la sécurité sociale en juin 2026, − 21,8 milliards dans le PLFSS 2027. Nous indiquons la source de chacune plutôt qu'un chiffre unique. Les données de dépenses de santé ont été lues dans un compte rendu de presse spécialisée, le document de la DREES n'étant pas accessible depuis notre environnement.
Ce qui divise réellement les candidats
Un thème n'oppose pas les candidats sur tout, mais sur quelques questions précises. Les voici, et qui se range de quel côté. Un candidat absent d'une question est un candidat dont nous n'avons pas établi la position sur ce point.
Faut-il réguler l'installation des médecins
C'est le clivage le plus net du thème, et le seul sur lequel plusieurs candidats se sont exprimés explicitement. Les dix autres n'ont pas de position datée. Marine Le Pen a consacré une table ronde aux déserts médicaux le 31 janvier 2026, mais son contenu n'est pas accessible : ses positions de 2016, 2021 et 2022 étaient incitatives, et rien ne permet d'affirmer qu'elle les a maintenues.
Combien de médecins former
Aucun candidat ne s'est prononcé publiquement, dans nos relevés, sur la première année de médecine dans chaque département sur laquelle les deux chambres s'accordent.
Qui pilote le système : les agences régionales, le préfet, les élus
Plusieurs recensions secondaires attribuent à Marine Le Pen la suppression des agences régionales de santé. Nous n'avons trouvé aucune source primaire de 2026 : nous ne la reprenons pas.
Reste à charge, mutuelles et remboursement
Fabien Roussel est le seul candidat à avoir pris position, dans nos relevés, sur le relèvement des franchises à 140 euros — il en demande l'abandon. Aucun ne s'est prononcé sur le transfert de 1,2 milliard d'euros aux complémentaires inscrit au PLFSS 2027.
L'hôpital : financement, lits, effectifs
La santé environnementale : périphérie ou cœur de la politique de santé
Deux candidats en font le fondement de leur politique de santé là où les autres raisonnent en accès aux soins et en financement. Raphaël Glucksmann retient un « critère d'espérance de vie en bonne santé », mais dans le cadre d'une réforme du financement de la protection sociale, pas d'une politique de santé.
Deux questions que nous n'avons pas pu cartographier
Sur la fin de vie, alors qu'une loi vient d'être promulguée le 18 août 2026 au terme d'un bras de fer de dix-huit mois, nous n'avons trouvé la position d'aucun des quinze candidats, ni avant ni après la promulgation. C'est assez improbable pour être un angle mort de notre recherche plutôt qu'un silence réel : si vous avez une source, écrivez-nous. Sur l'AME, les positions de Marine Le Pen et d'Éric Zemmour sont documentées pour 2017 et 2022, et pour aucune date postérieure.
Les autres candidatures
François Asselineau (Union populaire républicaine) · Jordan Bardella (Rassemblement national) · Delphine Batho (Génération écologie) · Olivier Becht (Ensemble pour la République) · Xavier Bertrand (Nous France) · Élisabeth Borne (Renaissance) · Karim Bouamrane (Parti socialiste) · Juan Branco (Les Ruches) · Bernard Cazeneuve (La Convention) · Emmanuel Dubuisson (Les Gaulois) · Clara Egger (Solution démocratique) · Jean-Michel Fauvergue (sans étiquette) · François Hollande (divers gauche) · Anasse Kazib (Révolution Permanente) · Selma Labib (NPA-Révolutionnaires) · Francis Lalanne (France libre) · Jean Lassalle (Résistons !) · Bruno Le Maire (divers centre) · Mira Markovic (Parti animaliste) · Antoine Mikolajczak (Équinoxe) · Florian Philippot (Les Patriotes) · Gilles Platret (divers droite)
Questions fréquentes
Que proposent les candidats à la présidentielle 2027 sur santé et accès aux soins ?
Marine Le Pen : Table ronde santé en janvier 2026, propositions non publiées. Jean-Luc Mélenchon : Régulation de l'installation, soins publics à trente minutes. Raphaël Glucksmann : Redonner à l'hôpital les moyens de tenir sa promesse, démarchandiser EHPAD et crèches. Édouard Philippe : Stabiliser les dépenses, miser sur la prévention et les technologies. David Lisnard : Liberté d'installation, suppression des agences régionales, formation doublée. Gabriel Attal : Cinq mesures en ligne sur son site, sans date d'annonce. Bruno Retailleau : Aucun chiffrage santé, quatre milliards sur les arrêts maladie. Éric Zemmour : Aucune position santé publiée pour 2027. Marine Tondelier : Santé environnementale érigée en droit fondamental. Fabien Roussel : Cent pour cent Sécu, suppression des franchises médicales. Nicolas Dupont-Aignan : Douze mille médecins formés, fin de l'AME, tarification à l'activité remplacée. François Ruffin : Pôle public du médicament à deux étages ; rien de publié sur l'hôpital. Dominique de Villepin : Installation autorisée par l'agence régionale, cent cinquante zones prioritaires. Natacha Polony : Relocaliser en France la production des médicaments essentiels. Nathalie Arthaud : Réquisitionner les profits pour financer les hôpitaux.
Que propose Jean-Luc Mélenchon sur santé et accès aux soins pour 2027 ?
Son plan « ruralité » propose de garantir un service public de santé de proximité en rouvrant progressivement des services d'urgences, des maternités et des EHPAD publics, avec un objectif de soins à moins de trente minutes de chaque habitant. Il propose de mobiliser tous les leviers contre les déserts médicaux, dont la régulation de l'installation des médecins, le recrutement de médecins publics et des centres de santé publics à médecins salariés. Il propose un plan pluriannuel de recrutement des soignants et du médico-social, un service public de la dépendance, le renforcement des centres médico-psychologiques, et une zone tampon contre les pesticides autour des habitations, crèches, écoles et hôpitaux. Aucun chiffrage n'est publié dans ce plan. Position du 9 octobre 2026.
Que propose Raphaël Glucksmann sur santé et accès aux soins pour 2027 ?
Sa « Lettre aux Français » du 25 août 2026, qu'il signe, est le seul texte daté où il s'engage sur la santé. Il y écrit que « l'école, l'hôpital et la justice sont à bout de souffle » et annonce : « Nous redonnerons à l'école, à l'hôpital, aux services publics les moyens de tenir leur promesse. » Il annonce par ailleurs vouloir démarchandiser les EHPAD et les crèches. Aucun chiffrage n'accompagne ces engagements, et la lettre ne comporte rien sur les déserts médicaux, l'assurance maladie ou le reste à charge. Son site de campagne, mis en ligne après sa désignation du 11 octobre 2026, ne comporte pas de volet santé. Position du 25 août 2026.
Que propose Édouard Philippe sur santé et accès aux soins pour 2027 ?
Il propose de stabiliser les dépenses de santé sans augmenter les moyens, en s'appuyant sur la prévention et sur les transformations technologiques. Il présente la santé et l'accès aux soins comme l'un des piliers de son programme, au même rang que l'éducation et le travail, et annonce vouloir investir dans la formation des médecins, dans la prévention et dans l'intelligence artificielle. Il qualifie le retard français en matière de prévention de « grand retard ». Aucune proposition chiffrée sur l'hôpital, l'assurance maladie ou les déserts médicaux n'a été publiée à ce jour. Position du 11 mai 2026.
Que propose David Lisnard sur santé et accès aux soins pour 2027 ?
Il propose un accès direct et intégralement remboursé aux infirmiers en pratique avancée, kinésithérapeutes, sages-femmes et pharmaciens, le médecin traitant se recentrant sur le diagnostic, la coordination et le suivi. Il propose une offre de soins graduée à l'échelle de chaque ancien canton et un remboursement plus favorable des actes en zone sous-dotée qu'en zone saturée, tout en refusant explicitement la régulation de l'installation. Il propose de supprimer les agences régionales de santé et de transférer leurs compétences aux préfets et aux élus, de rendre aux maires la présidence des conseils de surveillance des hôpitaux, de généraliser obligatoirement le dossier médical partagé et de doubler le nombre d'étudiants en médecine d'ici 2030. Il propose une loi de programmation annuelle de la santé, sur le modèle de la loi de programmation militaire. Position du 6 mai 2026 pour son livret Santé ; 7 mai 2025 pour le refus de la régulation.
Que propose Bruno Retailleau sur santé et accès aux soins pour 2027 ?
Dans son plan de redressement des finances publiques, il chiffre l'effort sur la sphère sociale à 91 milliards d'euros sur un quinquennat, mais ne prend aucun engagement chiffré sur les 280 milliards d'euros de dépenses de santé, qu'il présente sous une hypothèse qu'il qualifie de très conservatrice : les économies seraient absorbées par les dépenses liées au vieillissement. Il affirme que les gains d'efficience doivent être réinvestis dans les soins. Il chiffre à 4 milliards d'euros les économies attendues sur les arrêts maladie, par des réexamens périodiques, une surveillance des prescriptions et un jour de carence d'ordre public dans le privé que l'employeur ne pourrait pas compenser par la prévoyance. Position du 12 octobre 2026.
Que propose Marine Tondelier sur santé et accès aux soins pour 2027 ?
Elle propose de faire de la santé environnementale un droit fondamental et de l'espérance de vie en bonne santé le référentiel de l'action publique. Elle propose de planifier la sortie des pesticides de synthèse et des engrais azotés d'ici 2050 dans le cadre d'un pacte agricole, d'interdire les aliments ultratransformés dans les cantines scolaires et la publicité télévisée pour les produits trop sucrés ou trop salés avant 21 heures, et de bannir des produits du quotidien les perturbateurs endocriniens, les substances cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques ainsi que les PFAS. Elle propose un fonds national d'indemnisation et de dépollution financé par les industries les plus polluantes. Position du fin mai 2026, publié le 2 juin 2026.
Que propose Fabien Roussel sur santé et accès aux soins pour 2027 ?
Il demande l'abandon du décret relevant le plafond des franchises médicales et des participations forfaitaires, qu'il qualifie d'impôt sur la maladie. Il propose de supprimer les franchises médicales et les participations forfaitaires, d'aller vers un remboursement à 100 % des soins prescrits par la Sécurité sociale sans reste à charge, et de mettre fin aux dépassements d'honoraires. Il propose de développer les centres de santé, l'hôpital public et une médecine de proximité sur tout le territoire, et de financer la Sécurité sociale davantage par les cotisations, en remettant en cause les exonérations patronales et en créant une contribution additionnelle sur les revenus financiers des entreprises. Position du 23 juillet 2026.
Que propose Nicolas Dupont-Aignan sur santé et accès aux soins pour 2027 ?
Son parti propose de porter à 12 000 par an le nombre de praticiens formés, de créer une bourse pour les étudiants en médecine en échange d'une installation de cinq ans en zone sous-dotée, et de réduire les cotisations des médecins qui s'y installent. Il propose d'arrêter les fermetures de lits, de rouvrir un établissement de santé par département, de doubler les lits de réanimation pour atteindre 10 000 en cinq ans — chiffré à 2,5 milliards d'euros par an — et de remplacer la tarification à l'activité par un financement fondé sur un panier de critères objectifs. Il propose de supprimer les agences régionales de santé au profit de directions départementales sous l'autorité du préfet, de faire reprendre par l'État la totalité de la dette hospitalière, et de supprimer l'aide médicale d'État au profit d'une aide limitée aux urgences sanitaires et aux maladies contagieuses. Position du 5 février 2024 (dernière mise à jour du projet du parti).
Où en est le système au 15 octobre 2026
La fin de vie : la loi du 18 août 2026 relative au droit à l'aide à mourir est promulguée, après dix-huit mois de désaccord entre les deux chambres — le Sénat l'a rejetée à chaque lecture, l'Assemblée nationale a eu le dernier mot. Elle ouvre un droit à l'aide à mourir aux majeurs atteints d'une affection grave et incurable en phase avancée ou terminale, avec clause de conscience et contrôle a posteriori. Les déserts médicaux : la proposition de loi Garot, dont la mesure phare était la régulation de l'installation, est bloquée au Sénat depuis le 11 juin 2026 ; les sénateurs lui préfèrent un « aménagement à la liberté d'installation ». Les deux chambres s'accordent en revanche sur une première année de médecine dans chaque département — 23 en sont encore dépourvus. Le reste à charge : le doublement des plafonds de franchises médicales annoncé le 23 juillet 2026, qui les aurait portés de 100 à 200 euros, a finalement été fixé à 140 euros par décret du 11 septembre 2026, applicable au 1er octobre. Le budget : le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027, déposé le 1er octobre 2026, prévoit un ONDAM à +2,0 % contre environ 3 % les deux années précédentes, 5,1 milliards d'euros d'économies supplémentaires et un transfert d'environ 1,2 milliard de remboursements vers les complémentaires santé.
Sources : Sénat, la loi sur l'aide à mourir en clair · Banque des Territoires, 12 juin 2026 · Vidal / AFP, 1er octobre 2026, sur le PLFSS 2027
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